Airbnb dans le viseur

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   Accusé de favoriser des pratiques illégales, le célèbre site de location en ligne Airbnb est dans le collimateur de nombreuses grandes villes à travers le monde. Airbnb propose aux propriétaires de logements de louer leurs chambres vacantes ou le canapé de leur salon à des touristes, en majorité pour de courtes durées. Grâce à ce système, beaucoup de propriétaires gagnent plus en louant à des touristes de passage plutôt qu’à des familles sur de longues durées. Des locataires calculent, eux, qu’il est plus rentable de louer de grands appartements pour les sous-louer en petits morceaux à la nuit.

Mais les villes importantes qui souffrent presque toutes d’une pénurie de logements n’apprécient pas. Elles voient d’un mauvais œil la transformation de leur parc immobilier en résidences hôtelières. Sans compter que les hôtels traditionnels, soumis à des règles et à des taxes que le modèle par internet ignore, pâtissent de cette concurrence déloyale.

Madrid, Amsterdam, San Francisco ou Chicago ont donc mis différentes solutions en place, comme la limitation des durées de locations, l’instauration d’impôts ou de taxes, ou la souscription d’assurances obligatoires.

De son côté, Paris voudrait qu’une taxe de séjour soit mise en place pour les utilisateurs du site, selon le même principe que celle dûe par les hôtels.

Mais c’est de New York que la charge la plus puissante est venue. La justice a contraint la start-up a lui remettre la liste de tous les appartements loués depuis 2010. Soudainement, 2.000 annonces ont disparu du site à New York.

Le procureur général de l’Etat de New York, General Eric Schneiderman, a révélé que près de trois quarts des réservations Airbnb à New York étaient illégales, menaçant de fermer tous les «hôtels» illégaux de la ville. Le rapport qu’il a présenté précise que le site internet est aussi utilisé par des entreprises commerciales, «l’une d’entre elles ayant gagné 6,8 millions de dollars en moins de cinq ans».

Le site doit sentir que les lourdes amendes chères aux américains ne sont pas loin. Mais pour l’instant, il s’en sort plutôt bien, à condition d’adapter son service pour continuer à offrir les nombreux avantages que ses usagers lui reconnaissent.