CREATION/REPRISE D’ENTREPRISE : POURQUOI EST-ELLE AUSSI DELICATE?

Place Pie
Christian Chinarro, spécialiste en conseil pour les professions de santé, Maître en Stratégies et Finances d’Entreprises et Président de la SAS CC CONSEIL PHARMA.
Lequel d’entre nous ne s’est-il pas légitimement interrogé au cours de sa carrière professionnelle quant à la probabilité de changer d’univers professionnel, de secteur d’activité ou tout simplement de faire le pas, se lancer par la création de sa propre activité, être désormais acteur et maître de son devenir ? La création ou la reprise d’entreprise est-elle ou non une suite logique, la matérialisation avérée d’une carrière riche d’expérience ?

Comment passer à l’acte ? Quelles analyses faut-il mener ?      

Cette synthèse n’a pas pour vocation d’alimenter les très nombreuses parutions quotidiennes traitées sur le sujet par l’ensemble des médias, mais bien d’apporter quelques précisions à toutes fins utiles pour un futur créateur ou repreneur ayant un projet en gestation. Tout entrepreneur averti ou non s’est inéluctablement confronté à ce terrible dilemme : est-ce vraiment la bonne période, la réflexion est-elle suffisamment aboutie, n’est-il pas prématuré de matérialiser son projet, ma motivation est-elle à la mesure de mes ambitions, n’ai-je pas négligé un paramètre ou un poste essentiel ?

Précautions d’usage et à ne surtout pas occulter

En premier lieu la future forme juridique d’exploitation (artisan, commerçant, profession libérale y compris sous forme sociétale unipersonnelle ou pluripersonnelle, professions agricoles,…) devra dans tous les cas intégrer le respect strict de matérialisation d’un diagnostic économique et financier dans le cadre de référentiels comptables européens et internationaux normés (IFRS/IAS), classifiant et différenciant la micro entreprise, de la TPE, de la petite entreprise, de l’ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) , de l’entreprise moyenne, jusqu’au groupe de sociétés (société mère et filiales). Les articles L 123-12 à L 123-28 du Code du Commerce imposant par ailleurs la tenue d’une comptabilité générale pour les entreprises industrielles et commerciales, laquelle comptabilité ayant pour obligation première d’informer les tiers détenteurs de droits réels, tels que les actionnaires, les prêteurs ou l’état . L’objectif essentiel étant d’obtenir une évaluation la plus précise du patrimoine de l’entité ou de l’entreprise, par une présentation juridique du bilan.

Vigilance extrême pour le prévisionnel d’exploitation

C’est bien là que va se jouer le devenir, la continuité voire la cessation d’activité tant dans la phase de création initiale de l’entreprise, que dans le cadre d’une reprise d’ activité. C’est assez cruel mais il faut objectivement et de manière inéluctablement en accepter les règles, y compris en présence de créateurs et acteurs économiques dotés d’une énergie débordante, d’ambitions démesurées, d’un moral à toute épreuve, ou tout simplement pourvus d’une bonne dose d’inconscience. C’est à ce niveau en effet que va devoir se matérialiser l’équilibre structurel de l’entité et ce en raison d’une prééminence de plus en plus grandissante de l’économie sur le juridique, par l’interprétation et la transposition bilancielle des éléments en présence. L’information comptable transmise devant assurer de manière intelligible à l’acteur économique une opinion claire, précise lui permettant d’évaluer de manière objective et précise la viabilité de celle-ci.

 

Confusions à éviter

Pour synthétiser, la présentation juridique du bilan se scinde en deux parties, d’une part les droits de propriété sur les actifs, les stocks, les droits de créance sur les clients et d’autre part les obligations ou les dettes, étant toutefois précisé que la valeur comptable et financière d’une entreprise doit reposer avant tout sur son diagnostic économique lequel devant se décomposer de la manière suivante  :

 

A)

  • Vue externe (secteur d’activité/type de marché convoité/produits d’innovations ou produits dupliqués /activité commerciale de biens et services, activité industrielle/environnement concurrentiel/typologie de marché/saisonnalité ou non de l’activité/implantation locale, régionale, nationale, internationale,…) ;
  • Vue interne (Statut juridique/répartition du capital/garanties financières/dirigeants /politique sociale et spécificités des personnels et collaborateurs/infrastructures équipementières/administration et gestion/marché, produits, services/service markéting interne, concours des médias,…) ;
  • Risques financiers ( niveau d’activité de l’entreprise/seuil de rentabilité d’exploitation ou point mort d’exploitation/analyse statistique du risque de faillite).

B)

– l’analyse détaillée des éléments corporels et plus précisément la composition de certains                       éléments incorporels du compte d’exploitation (différence étant faite toutefois pour la reprise                                                                                    d’une activité ayant à l’actif de son bilan l’exploitation commerciale d’un brevet ou ayant en charge l’exploitation d’une licence commerciale sous forme de franchise).

Pourquoi l’élément incorporel est-il si difficile à matérialiser ?

Pour la raison suivante : Peut-on faire une distinction précise entre une charge financière et un investissement ? L’interrogation majeure résidant en effet dans la matérialisation d’inscription de cette écriture (période et délai), à quel moment la dépense engagée sur un exercice comptable déterminé impacte-elle directement sur la rentabilité future de l’entreprise, autrement dit à quel moment précis cesse-elle d’être une charge financière ou une créance (dette), pour se transformer en pur investissement ou autofinancement , découlant de fait sur de la création de valeur ou de la valorisation d’actif.

Tous les créateurs et repreneurs sont confrontés à cette situation très difficile à appréhender, la matérialisation (interprétation bilancielle) en effet de la capacité d’individus ou groupe d’individus à produire du résultat sur une période déterminée est l’acte le plus délicat à interpréter sur le plan comptable et ce quel que soit le prévisionnel d’exploitation ou business plan en présence .

Recommandations

Pour toutes ces raisons, je ne saurai vous recommander que de faire établir par votre Cabinet d’Expertise Comptable et Commissariat Aux Comptes des tableaux de bords (reprise d’activité) périodiques, vous permettant de vérifier si les objectifs financiers fixés par périodes d’exploitations (y compris dans le cadre d’un business plan/création ), sont en tous points respectés. Le plus approprié étant la définition au quotidien des charges fixes structurelles d’exploitation/objectif hebdomadaire/mensuel/trimestriel en terme de CA, à atteindre inéluctablement .

Pour plus de renseignements

Christian CHINARRO

Christian Chinarro, spécialiste en conseil pour les professions de santé, Maître en Stratégies et Finances d’Entreprises et Président de la SAS CC CONSEIL PHARMA.

Tél. : 06 61 80 35 24

Christian.chinarro@wanadoo.fr