Élections consulaires : Entretien avec Michel Bernard

La liste Entreprendre en Vaucluse
La liste Entreprendre en Vaucluse

A L’OCCASION DES ÉLECTIONS CONSULAIRES EN VAUCLUSE, QUARTIER D’AFFAIRES PROPOSE UN ÉCHANGE AVEC CHAQUE CANDIDAT SUR SES AMBITIONS. ENTRETIEN AVEC MICHEL BERNARD, PRÉSIDENT DE RPME ET CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE TERRITORIALE DE VAUCLUSE.

Michel Bernard, vous êtes actuellement Président du RPME (Rassemblement pour la Modernisation Economique), Président d’honneur d’Inter-Rhône et Président de l’UPAGROV, et ce parmi d’autres responsabilités patronales. Votre engagement syndical et entrepreneurial remonte bien avant cela. Pouvez-vous nous en dresser un bref panorama ?

Issu d’une famille de vignerons présents à Orange depuis le XVIIème siècle, j’ai commencé des études de Droit, vite interrompues par la mort subite de mon père. Reprenant le vignoble familial dès 1968, j’ai mené de pair une activité de producteur et de négociant.
Parallèlement, j’ai très tôt eu un engagement actif dans des activités associatives ou citoyennes. J’ai été Conseiller aux Prud’hommes pendant 31 ans, Président d’Inter-Rhône de 2002 à 2008 et actuellement Président d’Honneur, Président du Concours des Vins à Orange et Président de l’Association des Grands Concours de Vins de France. 

La Loi de 2010 qui attribue les missions des CCI et confie à la Région de nombreuses prérogatives rend plus que jamais nécessaire le fait que le Vaucluse propose des projets forts et pertinents plutôt que de vagues promesses générales. Et ce projet nous sommes les seuls à l’avoir.

Comme vous venez de l’évoquer vous avez déjà beaucoup œuvré. Pourquoi cette candidature supplémentaire ?

Pour rompre avec cette dépendance aux structures parisiennes et/ou corporatistes. La volonté de présenter réellement des chefs d’entreprises choisis pour leur expérience et leur maîtrise professionnelle, leur probité et leur reconnaissance par leurs pairs, et non pas pour leur adhésion à tel ou tel organisme syndical ou leur appartenance à telle ou telle catégorie

Avec mon expérience à Inter-Rhône qui représente près de 6000 professionnels j’ai pu montrer ma capacité à gérer une institution territoriale de grande envergure.

Vous allez faire face à trois autres candidat(e)s que sont Bernard Vergier, actuel Président de la CGPME Vaucluse, Jacques Brès, Président de l’UP-MEDEF Vaucluse et de Sonia Strapélias pour les commerçants qui ont tous trois une grande expérience de l’engagement patronal. Que pensez-vous apporter de plus et pourquoi ?

La réponse à cette question est contenue dans la motivation de notre candidature. Mais pour compléter mon propos, je tiens à ajouter que je me sens capable de fédérer les différentes forces économiques du Vaucluse. Les responsabilités nationales où je suis actif à l’heure actuelle sont un avantage pour faire avancer les projets de notre territoire. De plus, avec mon expérience à Inter-Rhône qui représente près de 6000 professionnels j’ai pu montrer ma capacité à gérer une institution territoriale de grande envergure.

Je considère aussi que la référence excessive à différents intérêts corporatistes – que je peux constater par ailleurs – a pu être préjudiciable à une conception d’une stratégie efficace sur le territoire et cela a laissé en déshérence certains pans entiers de l’économie comme peut-être l’agroalimentaire ou le tourisme.

Vous avez déclaré à plusieurs reprises votre volonté de rassembler. Pourquoi n’avons nous pas abouti à une liste unique comme c’est parfois le cas dans le monde patronal ?

S’allier avec une équipe ou avec quelqu’un, ce n’est pas faire reddition comme les « bourgeois de Calais » au Moyen-âge face aux anglais, en robe de bure et une corde au cou.
Ce n’est pas non plus accepter de suivre l’ambition démesurée de quelqu’un qui pense représenter 59% de l’économie vauclusienne et qui n’hésite pas à agiter l’hypothèse totalement imaginaire de projet de groupement de la Chambre des Métier et de la Chambre de Commerce.  De plus, ma conception de la démocratie n’est pas de faire alliance pour gagner mais de faire alliance sur un véritable projet.

Les fortes personnalités qui composent notre liste illustrent parfaitement ma volonté d’agir en fédérateur et non en chef de meute.

Pouvez-vous nous parler de votre liste et de ses membres ?

La lecture de la composition de notre liste démontre l’indépendance de chacun, sa capacité et sa probité professionnelle. Les fortes personnalités qui la composent illustrent parfaitement ma volonté d’agir en fédérateur et non en chef de meute.

Je rappelle que quand Henri IV a fondé les chambres de Commerce, il a souhaité faire reposer l’action des chambres sur l’exemplarité professionnelle et la compétence de ses membres. J’invite donc chaque électeur à étudier la situation de chacun des candidats à titre individuel.

Les compétences d’une CCIT sont nombreuses comme par exemple les services aux entreprises, la formation ou la gestion des équipements. Pouvez-vous nous en dresser un court résumé et y opposer votre programme compétence par compétence ?

Notre économie se transforme. du commerce de proximité installé à quelques mètres de nos maisons, jusqu’à la PMI de 200 salariés, les entreprises du Vaucluse, comme d’ailleurs, vivent – parfois dans la douleur – une importante période de mutation. Face à cela, on peut soit se lamenter en se souvenant du « vieux monde », soit se retrousser les manches, et affronter la réalité en la toisant droit dans les yeux.

Notre projet de développement de l’économie vauclusienne est imprégné de cette énergie, à trois niveaux :

La transversalité : Les différents volets de ce projet (numérique, commerce, international, etc…) se veulent transversaux. Car l’économie d’aujourd’hui n’est plus hiérarchisée et verticale, mais construite en réseaux, horizontalement.

Une CCI créatrice de lien : le partage des savoirs doit permet aux entreprises de notre département de décupler leur potentiel de développement

L’esprit pro-actif : pleurer sur son sort en cherchant un « bouc émissaire » ne permet pas de sortir de l’ornière. Il vaut bien mieux chercher des solutions concrètes, pratiques, efficaces, et surtout : qui rapportent !

Déjà, nous voulons faire du numérique une filière émergente (400 entreprises recensées sur e département), qui met en place et invente de nouveaux services et solutions. Cette filière peine à se faire connaître alors qu’elle est l’un des potentiels de développement du département : le cadre de vie, la présence de nœuds routiers et ferroviaires font du Vaucluse un département très attractif pour ces entreprises. D’autre part, une transformation des pratiques des entreprises « classiques », avec la dématérialisation, le télépaiement… Nous voulons donc faire connaître et valoriser la filière tout en favorisant la transformation vers le numérique et enfin développer l’intelligence économique.

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Sur le sujet de l’international nous constatons que les entreprises du Vaucluse ne sont pas assez présentes sur les marchés export. Mais certains secteurs d’activités ont développé un véritable savoir faire dans ce domaine, qu’il faudrait partager.

Nous allons favoriser le partage des savoir-faire, accompagner dans leurs démarches les entreprises qui le souhaitent et renforcer les liens avec les représentations nationales (consulat, ambassade, ministère du commerce extérieur, etc), et les CCI françaises représentées dans chaque pays et organiser des échanges avec des territoires précis (ex : Barcelone, à 2h de TGV d’Avignon).

Pour le commerce, nous voulons redonner au commerce (sédentaire et non sédentaire) de centre-ville et de proximité un sentiment de réussite, il faut être force de proposition et non simplement d’opposition. Pour ce faire nous allons mieux travailler avec les collectivités, faciliter l’action collective et construire le « chantier du commerce de demain » avec différents objectifs : qui sont les clients de demain ? Comment mieux les connaître ? Comment réduire les charges pesant sur le commerce de proximité ?

Pour la formation qui est l’une des plus grandes réussites de la CCIT Vaucluse. Et ce notamment grâce à l’excellence de son école hôtelière. Elle doit être placée au centre d’une offre de formation qui, par ailleurs, doit être rénovée et repositionnée autour des besoins concrets des entreprises. Nous allons capitaliser sur le pôle d’excellence hôtelier et recentrer l’offre de formation « entreprises »

Sur la question de l’entrepreneuriat et l’accompagnement à la création et la transmission, la question clé est la suivante : la CCI ne doit pas être un lieu où l’on catalogue simplement les formalités, mais une solution d’externalisation des formalités pour les entreprises. Il ne faut pas se contenter d’indiquer aux entrepreneurs quelles sont les formalités à effectuer, il faut que la CCI les aide à remplir ces formalités, auprès des administrations, banque, bailleurs, bâtiments de France, démarches d’accessibilité, etc… Nous voulons donc créer un service d’accompagnement à la création d’entreprise, avec des agents chargés de faciliter l’instruction des dossiers et les démarches administratives de création ou de reprise d’entreprise. 

Michel Bernard et Gilbert Cassar, respectivement tête de liste et colistier

Michel Bernard et Gilbert Cassar, respectivement tête de liste et colistier

Sur la question du tourisme nous constatons que le développement de l’offre est inégal au sein du département, et ne joue pas la carte de la complémentarité, que certaines filières et opportunités de développement touristique (oenotourisme, tourisme de bien-être, tourisme sportif, tourisme de terroir) sont insuffisamment exploitées et enfin, qu’il n’existe pas de marque de territoire, véritable bannière sous laquelle les initiatives du tourisme pourraient se regrouper. Nous voulons donc ancrer dans la marque de destination « Provence » et structurer et installer de nouvelles filières comme par exemple l’agro et l’œnotourisme, le tourisme culturel et l’économie créative, le tourisme sportif et de bien être.

Sur la question de l’industrie, il est nécessaire de valoriser et faire connaître le dynamisme des PMI et de soutenir les filières dans leur développement, il ne faut pas des mots mais une véritable démarche de conquête.

Sur la question du développement durable nous voulons faire connaître les solutions environnementales concrètes et réalistes aux entrepreneurs, en lien avec les structures existantes chargées de conseiller et de financer leur développement.

Pour terminer je souhaite dire un mot sur notre vision de la gouvernance. La Chambre de Commerce se doit d’être le lieu où toutes les énergies se retrouvent pour œuvrer au développement économique du territoire. Ce qui veut dire qu’elle ne doit plus se penser comme « chargée de penser à la place des autres », mais comme chargée de faire travailler ensemble tout ceux qui sont impliqués dans ce développement. La Chambre doit être un fédérateur pour le développement, être un lieu d’information et de formation, doit maintenir un réseau d’interlocuteurs de proximité dans les villes du département et veiller à la bonne gestion des équipements.

Vous pouvez bien entendu retrouver notre programme détaillé sur le profil Facebook de RPME et son site internet.

Vous savez que pour gagner la Chambre de commerce il faut convaincre les fédérations professionnelles qui constituent un vecteur fort de rassemblement de chefs d’entreprises et donc de votes. Avez-vous réussi à les rassembler autour de votre candidature ?

Les fédérations sont-elles propriétaires des votes de leurs adhérents ? Si je reconnais un certain rôle utile parfois au corporatisme de ses fédérations professionnelles pour défendre leurs intérêts spécifiques, je crois profondément qu’une CCI doit se préoccuper de l’intérêt général d’un territoire et non de l’intérêt particulier de certaines catégories professionnelles.
Le développement d’un territoire ne peut être que général et collectif.

Je tiens aussi à apporter une précision importante : je mets au défi tous ceux qui se vantent de l’adhésion de telle ou telle fédération professionnelle de me démontrer quel pourcentage d’adhérents de ces fédérations les soutiennent réellement !

De nombreux décideurs n’ont qu’une vision très lointaine de la chambre et le taux d’abstention à ce vote est colossal. Ainsi, allez-vous sur le terrain pour convaincre et faire de la pédagogie ?

Chacun d’entre nous y va comme il peut en fonction de son temps. Nous exerçons tous des métiers qui nous prennent beaucoup de temps et veillons à la santé financière de nos entreprises. Nous nous efforçons d’expliquer l’importance pour chaque électeur d’exprimer son choix sur les mesures importantes qu’ils attendent d’une chambre de commerce. La Loi de 2010 qui attribue les missions des CCI et confie à la Région de nombreuses prérogatives rend plus que jamais nécessaire le fait que le Vaucluse propose des projets forts et pertinents plutôt que de vagues promesses générales. Et ce projet nous sommes les seuls à l’avoir.

Une question pratique : quand et comment voter ?

Dans notre département le vote se déroule par correspondance. Tous les électeurs recevront le matériel de vote par correspondance au plus tard le 20 octobre, ils devront renvoyer leur bulletin de vote au plus tard le 2 novembre.

Un dernier mot ?

Il n’est pas indispensable d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer (Guillaume d’Orange).