Élections consulaires : Entretien avec Sonia Strapélias

La liste portée par Sonia Strapélias
La liste portée par Sonia Strapélias

A L’OCCASION DES ÉLECTIONS CONSULAIRES EN VAUCLUSE, QUARTIER D’AFFAIRES PROPOSE UN ÉCHANGE AVEC CHAQUE CANDIDAT SUR SES AMBITIONS. ENTRETIEN AVEC SONIA STRAPELIAS, PRÉSIDENTE DE L’UCAV ET CANDIDATE À LA PRÉSIDENCE DE LA CHAMBRE DE COMMERCE ET D’INDUSTRIE TERRITORIALE DE VAUCLUSE.

Sonia Strapélias, vous êtes actuellement Présidente de l’UCAV (Union des Commerçants et Artisans de Vaucluse). Vous avez à votre actif notamment obtenu le gel du développement de l’enseigne Auchan parmi d’autres combats. Votre engagement syndical et entrepreneurial remonte bien avant cela. Pouvez-vous nous en dresser un bref panorama ?

j’ai 47 ans et je suis née dans le monde de l’entreprise avec des parents commerçants et artisans ; dès mon plus jeune âge j’ai appris le commerce mais également les préoccupations des chefs d’entreprises. J’ai travaillé pendant 15 ans dans le domaine du développement économique, notamment pour de nombreuses collectivités territoriales, je suis revenue à l’entrepreneuriat en 2010 avec un cabinet de conseil puis en 2014 avec la création de mon restaurant au Thor. En 2011 je me suis investie dans l’association de commerçants du Thor pour ensuite devenir la présidente de l’UCAV, ou j’effectue mon 4ème mandat. Vous connaissez la suite avec nos victoires sur la grande distribution.

Comme vous venez de l’évoquer vous avez déjà beaucoup œuvré. Pourquoi cette candidature supplémentaire ?

Ce n’est pas une candidature supplémentaire c’est une mission totale et une suite logique, l’UCAV défend depuis des années les commerçants et les artisans, des chefs d’entreprises, et aujourd’hui, nous pouvons être dans la proposition et dans l’action plutôt que dans l’opposition, il semble évident que nous nous positionnons sur ces élections.

Vous faites face à trois autres candidats que sont Jacques Brès, Président de l’UP-MEDEF Vaucluse, de Bernard Vergier, actuel Président de la CGPME Vaucluse et de Michel Bernard, Président de RPME qui ont tous trois une grande expérience de l’engagement patronal. Que pensez-vous apporter de plus et pourquoi ?

Nous ne raisonnons pas en terme de candidature personnelle. C’est une équipe qui va gagner ces élections, et non pas une personnalité. C’est un projet que nous portons et je ne suis que le prolongement de cette volonté. L’UCAV c’est une force, c’est un dynamisme qui prend en compte les acteurs majoritaires de notre territoire : les commerçants et les artisans qui sont les premiers employeurs et la force vive de notre économie et de l’attraction de nos villes et villages. Ces employeurs représentent plus des trois quarts de l’économie du Département. 26 000 ressortissants avec 34% de commerçants et 46% de services. 93,5% sont des entreprises de moins de 5 salariés. C’est le sens de notre candidature.

Vous avez déclaré à plusieurs reprises votre volonté de vous rassembler avec une autre liste. Pourquoi n’avons nous pas abouti à une liste unique comme c’est parfois le cas dans le monde patronal ?

Nous n’avons pas pu puisqu’aucun des groupements n’a souhaité nous offrir une réelle place au sein de son équipe au vu de ce que nous représentons. Entre 5 et 8 postes et nous avons pu voir par le passé que cela ne permet pas d’être une vraie force de proposition. Nous ne voulons pas être à la CCI pour faire du figuratif, mais bien pour proposer un vrai projet ou les commerçants, les artisans, les petites et moyennes entreprises seront au centre de nos préoccupations.

Sonia Strapélias

Sonia Strapélias

Pouvez-vous nous parler de votre liste et de ses membres ?

C’est une liste représentative des différents territoires et des différents corps de métiers avec des Chefs d’Entreprises engagés, ayant une bonne connaissance de l’institution. Dino Tornati, grande figure Avignonnaise, commerçant reconnu, président du Groupement des bouchers, Joël Bonny, primeur aux halles d’Avignon, président de la fédération des commerçants d’Avignon, Jean Claude Perrier administrateur de la CAPEB, Cathie Clota, taxi, présidente de la CNAMS, Fréderic Ruel, commerçant dans la moyenne distribution et co-président de l’association Cœur de Ville, Carlo Quirin président de l’UPA, Florian Reymond, représentant des commerçants non sédentaires, Yannis Debreuilly et Bernard Tabone experts comptables… bref une liste riche où chacun est déjà investi dans la défense et la promotion de son secteur d’activité.

Les entreprises ignorent ce qu’est la CCI, seuls les quelques initiés des dernières années utilisent les outils à notre disposition.

Les compétences d’une CCIT sont nombreuses comme par exemple les services aux entreprises, la formation ou la gestion des équipements. Pouvez-vous nous en dresser un court résumé et y opposer votre programme compétence par compétence ?

Les Compétences de la CCIT sont très larges. Nos axes prioritaires sont : Communication, information, concertation, coordination et formation.

Les entreprises ignorent ce qu’est la CCI, seuls les quelques initiés des dernières années utilisent les outils à notre disposition. Les projets de développement sont portés de façon anarchique sans informer les entreprises qui pourraient être parties prenantes. Notre rôle au  cœur de la CCI est de mettre de l’ordre dans tout cela, d’être transparent, de faire en sorte de mettre les différents acteurs autour de la table : l’inter consulaire, mais également les institutions, les élus territoriaux pour une coordination des projets mais surtout une concertation qui permet à chacun de trouver sa place. Enfin la formation, et notamment à la filière numérique, est primordiale car nous devons préparer les métiers de demain et être connecté au monde d’aujourd’hui, quel que soit la taille de notre entreprise.

Il nous faut être acteur, force de propositions (nous n’en manquons pas) afin de  dynamiser les centres-villes des agglomérations du Département : il faut, comme l’on démontré les dernières assises régionales de la CCIR, aider les associations de commerçants à se fédérer mais également les aider à se professionnaliser pour engendrer de la dynamique et imposer un dialogue avec les politiques des communes. Pour cela nous allons mettre en place un grand plan d’aide aux associations qui sera conditionné aux résultats et qui va obliger les commerçants et les artisans à se former à cette logique de projet afin qu’ils appréhendent mieux l’impact d’un tel mécanisme sur leur entreprise.

Dans les communes où les associations sont fortes, le développement est en marche : Entraigues, Monteux… la CCI va accompagner ce développement qui est notre priorité !

Concernant le Port et l’Aéroport : Nous ne sommes pas en capacité aujourd’hui de dire quels vont être les axes de développement de ces deux infrastructures du fait que nous n’avons aucune vision sur le budget. Dire que nous allons ré-ouvrir une ligne Avignon – Paris, ou développer des échanges restent de l’ordre de la promesse électorale et nous ne sommes pas dans cette logique. Nous allons étudier ces compétences et voir comment nous pouvons les articuler au mieux avec le développement économique de notre territoire dans les budgets qui nous seront réservés. Nous allons rendre notre territoire économiquement attractif et pérenne. 

Vous parlez de la grande distribution. Pour nous ce n’est pas créateur de richesse, nous avons besoin de moyenne et petite distribution dans les villages et en périphérie mais la grande distribution de réinvestit pas dans le Département et ne fait pas fonctionner l’économie locale. Ce n’est pas pour rien que nous sommes le 7ème Département le plus pauvre de France.

Hénin-Beaumont, Béziers et Le Pontet ont un point commun. Ces villes disposent des trois plus grands centres commerciaux de France avec les problèmes de paupérisation que cela induit. Il faut remettre de la concertation et de la réflexion comme à Aix-en-Provence où le centre commercial est au sein du centre-ville et même à Monteux et Entraigues car les Maires sont partie prenante, ils attirent les grosses entreprises et en parallèle favorisent le commerce de proximité. Nous pouvons ainsi donner notre avis et agir intelligemment en amont.

Vous savez que pour gagner la Chambre de commerce il faut convaincre les fédérations professionnelles qui constituent un vecteur fort de rassemblement de chefs d’entreprises et donc de votes. Avez-vous réussi à les rassembler autour de votre candidature ?

A ce jour, l’UCAV est soutenu par : les 27 associations de commerçants et d’artisans de Vaucluse adhérentes, les groupements professionnels de bouchers, de boulangers, de pharmaciens, de taxis, de coiffeurs, le Modef , les commerçants non sédentaires, la CAPEB, la CNAMS, la CGAD et bien sûr L’UPA, j’en oublie sûrement car nous recevons tous les jours de nouveaux soutienx.  Nous représentons à nous seuls la réalité de l’économie locale.

Nous nous sommes reposés sur les associations de commerçants qui sont partenaires et appelons au vote car c’est un acte de démocratie comme un autre.

De nombreux décideurs n’ont qu’une vision très lointaine de la chambre et le taux d’abstention à ce vote est colossal. Ainsi, allez-vous sur le terrain pour convaincre et faire de la pédagogie ?

Seuls 17% des inscrits avaient voté aux dernières élections de la CCI, une liste unique leur était proposée. Cette année, notre engagement se fait sur le terrain. Combien de ceux que nous rencontrons savait de quoi il s’agissait ? Notre budget communication est mince face à nos adversaires qui de par leurs divers mandat peuvent utiliser les outils classiques à grands coups d’agences de communication. Nous sommes nombreux, c’est notre force, et cette force est sur le terrain, chaque jour, dans tous les métiers, les villes, les zones d’activité. La meilleure publicité reste le bouche à oreille et cela nous savons bien le faire.

Nous nous sommes reposés sur les associations de commerçants qui sont partenaires et appelons au vote car c’est un acte de démocratie comme un autre. Et la politique est mal vue aujourd’hui. C’est aussi le sens de notre candidature : faire en sorte que les ressortissants de la CCI se sentent représentés.

Une question pratique : quand et comment voter ? 

A partir de mercredi 20, chaque entreprise inscrite au RC va recevoir une enveloppe avec les circulaires et les bulletins de vote. Notre liste s’appelle l’UCAV : la force des commerçants et des artisans. Elle est imprimée en noir et blanc par mesure d’économie. Il faut mettre le bon dans une enveloppe de couleur qui est mise avec les bulletins, puis mettre cette enveloppe de vote dans une enveloppe qui se fabrique avec le triptyque, il faut coller les bords et signer au dos, renvoyer l’enveloppe avant le 2 novembre, elle est déjà affranchie.

Un dernier mot ?

Nous avons prouvé que notre détermination peut avoir raison des Grands Distributeurs, qui mettent à mal l’emploi local, à 8 reprises, nous avons gagné. Nous sommes les seuls à ne pas occuper le terrain par des mandats à répétition, mais par nos métiers. Le mandat de Présidence de la CCI est un mandat total, un investissement pour l’avenir. Je serai celle qui n’aura pas d’autres mandats, je remettrai ma présidence de l’UCAV et serai aux côtés des employeurs de notre Département à 100%. Nous sommes unis et nous avons un mot d’ordre : Je votes , tu votes, nous gagnons !