Entretien avec Patrick Allemand, Vice-président de la région PACA : « Le levier de la PACA est dans la stratégie internationale »

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Quartier d’Affaires : Monsieur le Vice-président, vous êtes actuellement 1er Vice-président de la région relations internationales, Europe et Euro région. Pouvez-vous revenir sur votre itinéraire personnel, professionnel et politique ?

Patrick Allemand : Je suis élu depuis 1992 au conseil régional PACA, et j’en suis le 1er Vice-président depuis 1998. J’ai notamment eu en charge le développement économique et le tourisme, avant que le Président Vauzelle me confie en 2010 la délégation aux Relations Internationales et aux Affaires Européennes. Je siège également sur les bancs du conseil municipal de Nice, et du conseil métropolitain, où je préside le principal groupe d’opposition.

Je suis également membre de France Expertise International. Je suis donc aujourd’hui au cœur de la politique internationale de la région PACA que j’ai le plaisir de représenter très souvent à l’étranger.

Les « PRIDES » (Pôle Régional d’Innovation et de Développement Économique Solidaire) participent activement à la compétitivité de nos entreprises à l’international. Pouvez-vous nous indiquer ce que représente cet organisme sur le plan institutionnel et quelles sont ses principales missions ?

En 2006, après une large consultation des acteurs économiques et sociaux de notre territoire, nous avons décidé de proposer une politique soutenant la participation active des entreprises à des réseaux de coopération interentreprises. Il s’agissait de créer des synergies et des échanges entre entreprises d’un même secteur, afin notamment qu’elles puissent se tourner vers des marchés porteurs, en France mais aussi à l’international. En 2007, ce sont 29 PRIDES qui ont été labélisés par la région, couvrant en grande partie les secteurs économiques de la région : micro-électronique, électronique, logiciel, optique, aéronautique, chimie, mer, énergies nouvelles, parfumerie, biotechnologie, agroalimentaire, tourisme, service à la personne, etc… Notre région étant à plus de 90% composée d’un tissu de PME et TPE souvent dynamique, ces clusters ont permis de développer des stratégies communes, et de pouvoir répondre à de nouvelles commandes. Un des leviers puissants, même s’il est insuffisamment utilisé par nos entreprises, est précisément le développement d’une stratégie internationale. Les PRIDES essaient d’apporter une réponse, c’est un outil supplémentaire que nous avons souhaité proposer au monde économique. Nous entrons d’ailleurs dans une phase de vérité : si ce modèle est vraiment pertinent sur un plan économique, alors il appartient aujourd’hui aux entreprises concernées de lui donner un second souffle.

A l’heure où la balance commerciale de notre Pays est déficitaire, vers quels secteurs d’activité faut-il se tourner pour favoriser notre compétitivité et nos exportations et quels sont les projets de la Région pour les années à venir en matière de développement à l’international ?

Notre région occupe une place à part dans les relations internationales. D’une part notre position sur la rive nord de la méditerranée nous donne une responsabilité toute particulière vis-à-vis des pays du sud de la méditerranée. C’est pourquoi nous avons mis en œuvre une politique de coopération territoriale ambitieuse, par le biais de conventions de coopération avec de nombreux territoires de la plupart des pays du pourtour méditerranéen.

D’autre part, notre région est la seconde région la plus visitée de France, et elle bénéficie d’une aura incontestable à l’étranger. Dès lors, il est important de capitaliser sur cette image pour faire la promotion économique de l’attractivité de notre territoire, mais aussi accroitre le rayonnement de nos entreprises à l’international.

Conscient de certaines insuffisances de notre politique internationale, nous avons lancé cette année une étude benchmark, qui nous a permis de concevoir un nouvel outil qui verra le jour dès l’année prochaine. Il s’agit de nous doter enfin d’un véritable cluster régional, sur le modèle de ce qui existe déjà dans d’autres régions françaises, mais aussi européennes. Ce cluster nous permettra d’accroitre notre représentation sur des territoires ciblés, comme la Chine, le Brésil, mais aussi des pays que nous avons délaissés comme la Russie ou les Etats-Unis. Il réunira en son sein un conseil sur les orientations stratégiques (appui à l’internationalisation des entreprises, promotion et attractivité du territoire, coopération économique en méditerranée), et une agence spécifique, véritable bras armé du dispositif.

Que met en place la Région pour favoriser l’implantation des entreprises étrangères en PACA ?

Jusqu’à présent, la Région s’appuyait essentiellement sur la Mission de Développement Economique Régional, véritable agence de développement économique de la Région. Les missions de la MDER s’articulent autour de 4 pôles : promouvoir l’économie régionale, contribuer à l’implantation d’entreprises en région, accompagner les grands dossiers régionaux et contribuer au développement et à la structuration des filières.

Aujourd’hui, il nous est apparu important d’aller plus loin. C’est pourquoi nous avons décidé créer le nouveau cluster international que j’évoquais précédemment. En donnant plus de moyens à cette politique, nous espérons mettre en place de nouvelles actions et outils de marketing territorial, au service du rayonnement international de notre région, de la valorisation de notre image de marque et de l’attractivité du territoire.

Un dernier mot ?

L’internationalisation de notre économie (attractivité, exportations) se heurte à une question d’échelle. Nous avons des entreprises comme Eurocopter, Pernod-Ricard, ou même désormais L’Occitane, qui réussissent à l’étranger et qui montrent la voie à des centaines de PME qui ne peuvent, sans soutien de la puissance publique, sa lancer dans l’aventure de l’exportation. C’est la raison pour laquelle la région a impulsé la création de ce cluster international, parce que l’exportation est une des clés de l’emploi de demain. 

 

Propos recueillis par la rédaction