La cerise arrive en force

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   Bonne nouvelle pour les producteurs de cerises, nombreux en Vaucluse et dans le sud de la France. Même s’ils doivent attendre la fin du mois avant d’être certains de l’abondance des fruits, les professionnels sont plutôt confiants en ce début mai. La période de la floraison, la plus critique, est derrière eux. De plus, les arbres ont fleuri de bonne heure cette année, et les fruits sont en avance d’une semaine environ. D’ailleurs, les premières cerises sont arrivées de Céret dans les Pyrénées-Orientales.

Le Service de la Statistique et de la Prospective (SSP) du Ministère de l’Agriculture est même plus optimiste. Il estime que les premières récoltes seront en avance de 15 jours par rapport à l’année dernière et prévoit une hausse de la production de 33 % par rapport à 2013 et de 20% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Il faut toutefois se rappeler que ces dernières années ont été caractérisées par un retard exceptionnel, et que les productions de 2012 et 2013 ont été les plus faibles de la décennie. Cette année, au contraire, le mûrissement a bénéficié de conditions climatiques douces et sèches. Il n’y a rien de pire en effet que la pluie quand le fruit arrive à maturité. L’eau fait éclater la cerise et peut aussi la faire pourrir juste avant la cueillette. Ce fléau fait qu’aujourd’hui de nombreux producteurs protègent les arbres de bâches.

La France, dont la production est estimée à 51.800 tonnes, est le 4e producteur européen de cerises derrière la Pologne (+ de 200.000 tonnes), l’Italie et la Hongrie. La région PACA représente à elle seule 44 % de la production nationale. Sa production est prévue en nette hausse par rapport à 2013, même si les surfaces diminuent légèrement, remplacées par d’autres cultures, notamment viticoles. En Languedoc-Roussillon, qui représente 13 % de la production nationale, les surfaces continuent également de régresser face à la vigne mais la production s’annonce aussi très prometteuse. Le rendement serait, sur un an, en hausse de 10 à 30 % selon les zones et les variétés dans le Gard et l’Hérault.

Dans le Vaucluse, la cerise est une culture traditionnelle depuis le XVIIème siècle, époque à laquelle on la destinait essentiellement à la consommation domestique. C’est au XIXème siècle que la culture a été orientée vers des fins commerciales.

Premier producteur français de cerises, le Vaucluse commercialise 55% de ses fruits sur le marché du frais, en particulier les variétés Burlat et Summit. Le reste représente les 3/4 de la production française destinée à la transformation avec le bigarreau d’industrie. On la retrouve notamment dans les fruits confits de la région d’Apt, mais aussi dans des yaourts, des jus de fruits. En quantité et en qualité, quelle que soit sa forme, la cerise a donc de bonnes raisons de combler ses amateurs dans quelques jours.