La France championne d’Europe de la taxation immobilière

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La France a l’habitude des records, mais pas toujours ceux qui nous feraient vraiment plaisir.
Selon une étude du Cabinet d’avocats d’affaires Fidal, nous serions ainsi Champions d’Europe de la taxation de immobilier. Difficile à imaginer quand on entend les plaintes de nos responsables sur la cherté de l’immobilier. Et pourtant, les prélèvements du fisc sur l’achat d’un logement, prélèvements décidés par ces mêmes responsables (n’oublions pas qu’en 4 ans, les investisseurs auront connu 3 dispositifs locatifs différents pour le neuf, et, en 2 ans, 5 changements du régime d’imposition des plus-values), peuvent grimpent à 27% de son prix si l’acquéreur compte l’habiter et jusqu’à … 56% de son prix s’il souhaite le louer.

A titre de comparaison, c’est 12% de plus en moyenne que ce que subissent les acheteurs en Allemagne, en Belgique, en Espagne, aux Pays-Bas, en Italie, au Royaume-Uni, etc.

Pour son étude, Fidal a en effet comparé l’achat d’un bien neuf de 200 000 € dans ces différents pays proches. Alors que le futur propriétaire-occupant français va devoir payer 54 000 € en plus de son logement, les autres ne devront que 28 000 € en moyenne et même seulement 20 000 en Allemagne. Soit 2 fois moins qu’en France. A partir de là, on ne peut que déplorer les prix élevés de l’immobilier et les difficultés qu’ont de nombreuses familles à devenir propriétaires.

Mais le pompon est réservé aux investisseurs dans le neuf qui veulent revendre leur bien au bout de 10 ans. Ils auront déboursé 112 000 €, soit 56% du prix du logement, pendant qu’il en aura coûté 20% aux Espagnols et aux Hollandais, soit 3 fois moins.

Par souci d’épargner une déprime définitive aux futurs acquéreurs, Fidal a préféré ne pas tenir compte de l’imposition sur les plus-value au bout de 10 ans, puisque cet impôt n’existe pas dans certains pays. Pas de chance pour nous, car, dans notre pays au contraire, la note est plutôt salée.

En cette période où l’on pleure la croissance, il y a là tous les ingrédients pour l’enfoncer encore un peu plus. Il faut croire que cela n’est pas si grave pour certains de nos politiques. Préserver un niveau élevé d’impôts et de taxes rend l’achat immobilier difficile, mais engrange de substantiels revenus pour l’Etat, fort utiles pour développer une politique de logements sociaux réclamée par beaucoup d’élus, qui préféreront toujours distribuer des logements à leur clientèle que de voir émerger de petits propriétaires.