Le message de l’UPA aux eurodéputés

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   L’UPA, organisation interprofessionnelle représentative de l’artisanat et du commerce de proximité, a fait réaliser un sondage par l’Institut I+C au mois d’avril 2014 dont le résultat lui permet de mettre en garde les eurodéputés.

En gros, son message est le suivant : les artisans et commerçants de proximité voteront dans leur grande majorité (66%) aux élections européennes mais ils ne sont pas contents de l’Europe. Une bonne nouvelle en cache une mauvaise.

53% estiment, en effet, que l’Union européenne ne contribue pas à la prospérité de la France, 54% jugent que l’Union européenne n’est pas une bonne chose pour eux, 62% pensent qu’elle l’est encore moins pour leur entreprise et 66% pensent que les réponses aux difficultés économiques doivent plutôt venir du niveau national.

Bref l’Europe actuelle ne correspond pas à leurs attentes, et l’Etat français retrouve quelques couleurs par dépit.

Deux griefs majeurs illustrent cette désaffection :

– le « Small Business Act » qui devait imposer au législateur de vérifier l’impact d’une mesure sur le tissu des petites entreprises avant son application, est resté à l’état d’intention, sans aucune traduction concrète dans les états membres,

– les travailleurs « à bas coûts » d’Europe centrale et orientale ont inondé le marché français, apportant une nouvelle forme de concurrence déloyale aux entreprises de l’hexagone.

Pour pallier à cette décision avortée et à ce dumping, les artisans et commerçants de proximité réclament des autorités plus de discernement, de responsabilité et une meilleure régulation sous forme d’harmonisation fiscale et sociale intereuropéenne et de réduction des dépenses publiques. Des principes sains d’un point de vue économique, mais qui peuvent aussi se traduire par l’abandon de chantiers et donc moins de travail pour les artisans.

L’UPA rappelle aussi aux candidats que l’économie de proximité demeure la principale source de croissance en Europe et les encourage à plancher sur trois priorités :

– réduction et harmonisation des prélèvements fiscaux et sociaux appliqués aux entreprises,

– prise en compte systématique des spécificités de l’artisanat et du commerce de proximité dans l’élaboration des normes et réglementations européennes,

– soutien à la formation des jeunes et à l’apprentissage au profit de l’emploi.

Evidemment, ces priorités logiques doivent être prises en compte, comme toutes les difficultés que rencontrent les différents habitants des pays européens. Elles révèlent des aspirations légitimes que le système bureaucratique européen, auquel beaucoup de personnes ont du mal à s’identifier, peine à intégrer.

Mais, paradoxalement, ne mettent-elles pas en relief le manque d’Europe plutôt que le trop d’Europe ? Le manque d’une Europe qui nous permet de vivre en paix, de construire des infrastructures en France, à des pays pauvres de devenir nos futurs marchés, et de partager une monnaie qui n’est pas ballotée au gré des caprices boursiers, choses essentielles quand on veut prospérer. Par rapport à cette Europe, que l’on soit artisan, commerçant ou un de leurs clients, se retrouver nez-à-nez avec nos gouvernants nationaux, au vu de leurs résultats, est-ce le plus pertinent des calculs ?