Les ménages sauveront-ils le soldat « Croissance » ?

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   La consommation des ménages qui représente 55% du PIB, joue au yoyo. Recul de 0,5% au premier trimestre, augmentation de 0,5% au deuxième. Par cette chance inespérée, l’activité de l’économie française a pu afficher une croissance nulle, au lieu de suivre dans le rouge l’investissement et le commerce extérieur.

Il n’est pas nécessaire de convoquer de grands stratèges financiers ni d’attendre les avis de cabinets de conseil internationaux, pour prédire l’avenir. Il suffit de regarder autour de soi pour comprendre que l’heure n’est pas aux achats et aux équipements importants.

Bénéficiant déjà de marges de manœuvre assez faibles, de nombreux ménages ont en effet vu la pression fiscale augmenter. Résultat : les demandes de délai de paiement ou de demandes gracieuses, après avoir augmenté de 20% entre 2012 et 2013, vont probablement encore enfler.

Constat identique du point de vue des revenus. Le chômage continue de progresser, et les salaires restent orientés à la baisse. Selon une étude du cabinet conseil Deloitte, les entreprises prévoient d’augmenter les salaires de seulement 2% en 2015. En comparaison, au plus fort de la crise économique de 2008, les entreprises envisageaient des augmentations autour de 2,4%.

Autre signe peu encourageant : l’évolution des prix est orientée à la baisse. L’indice des prix a reculé de 0,3% en juillet et, sur un an, les prix ont progressé d’à peine 0,5%. Si cette tendance se confirme, les ménages pourraient anticiper une baisse des prix, et encore attendre avant de se lancer dans des achats conséquents. Pour l’Etat, le risque de déflation n’est pas bien loin.

Que reste-t-il donc aux ménages pour tenter de sauver les meubles? Chômage d’un côté, croissance atone de l’autre, les Français, quand ils en ont les moyens, préfèrent épargner en assurance-vie, malgré l’alourdissement de la fiscalité et son faible rendement. Selon les chiffres publiés par l’Association française de l’assurance, la collecte nette, soit les dépôts moins les retraits, s’est élevée à 3,9 milliards d’euros en juillet. Un record depuis juillet 2010. En mai et en juin, la collecte nette avait à peine dépassé le milliard d’euros. La confiance règne !

Daniel Ollier