Les perspectives de l’éolien en France

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   L’ADEME vient de présenter deux études portant sur la filière éolienne française et sur les innovations technologiques dans ce domaine de l’énergie durable. Elle défend l’idée que le développement de l’éolien peut être bénéfique pour la balance commerciale, profiter aux territoires d’accueil des installations de production mais également des entreprises industrielles issues d’une véritable filière de l’éolien.

Et de rappeler en préambule de son étude les enjeux non négligeables que représente cette filière car elle occupe désormais la 4ème place européenne pour une puissance installée de l’ordre de 12 000 MW fin 2016 (3,9% de la production électrique française). L’ambition du PPE (Programmation pluriannuelle de l’Energie) est de parvenir à un doublement de cette capacité en 2023.

La France a accompli un effort depuis 15 ans pour espérer rattraper son retard : « en 2015, la filière comptait, en France, près de 18 000 équivalents-temps-plein (ETP) directs et indirects, soit 18 ETP/MW installé ». Cependant elle reste loin derrière l’Allemagne (30 ETP/MW installé en 2014). Mais la donne économique s’affirme : « les entreprises françaises actives sur le secteur éolien génèrent tout de même un montant d’exportation estimés à 663M€, sur un chiffre d’affaires total de la filière éolienne française estimé, en 2015, à plus de 1,84 Mds€. La création de valeur ajoutée est estimée à plus de 730 M€. »

L’ADEME fait le constat du développement d’une filière française mais il lui faudrait des grands turbiniers pour franchir une nouvelle étape. A partir d’une analyse géographique des lieux équipés et des unités de production, elle a dressé une carte de l’éolien française où le nord de l’Hexagone prédomine. Les effets ne se mesurent pas seulement en gain en énergie durable mais également en apport aux territoires concernés : « au-delà des créations d’emplois, l’éolien peut également être source de redynamisation pour certains territoires ruraux, grâce aux recettes fiscales associées et via le montage de projets participatifs. »

Pour elle, le déploiement de l’éolien constitue un outil du développement socio-économique aux niveaux national comme territorial : « les projections réalisées montrent que l’emploi dans la filière pourrait atteindre entre 60 000 ETP et 93 000 ETP directs et indirects (hors exportations) à horizon 2050 (entre 40 000 et 75 000 ETP à horizon 2035). Les acteurs de la filière doivent pour leur part relever les défis technologiques et logistiques. »