Les vins de la vallée du Rhône regardent le monde !

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 Sans faire de bruit mais en étant régulier dans l’effort, les vins du deuxième vignoble français après le Bordelais (par le volume de production) ne cessent de gagner des parts de marché à l’exportation. Christian Paly, président d’Inter Rhône se veut optimiste pour les prochaines campagnes commerciales.

Le grand rendez-vous des vendanges permet de saisir la vitalité d’un vignoble. Le contexte national est porteur avec une production viticole qui devrait progresser de plus de 10% après une saison 2012 historiquement basse et des exportations sur une courbe ascendante puisque Agrimer indique dans sa conjoncture de juillet, une progression de 9% pour les 4 premiers mois de l’année avec surtout une progression de recettes de 21%. Cette dynamique est encore plus nette dans le vignoble rhodanien.

En effet, le niveau de ses exportations en 2012 en hausse de 5 points a franchi le seuil des 30% des volumes produits (910 000 hl) avec une valorisation en progression de 10% sur le dernier exercice.

«Les appellations de la Vallée du Rhône n’étaient pas assez exportatrices par le passé. Notre action a été et reste de faire comprendre que notre salut passe par la progression de nos parts de marché à l’export, sans pour autant oublier de tenir les marchés de proximité où nous sommes bien placés » précise Christian Paly, président de l’interprofession Inter Rhône.

La Vallée du Rhône exporte plus et mieux car elle a fait le choix de s’imposer sur les marchés les plus exigeants sur le plan de la qualité. Cette progression des ventes et la baisse de la production contribuent à ramener le niveau des stocks à l’équilibre pour répondre aux ajustements de la saison commerciale à venir.

Une situation que beaucoup de vignobles peuvent envier. Inter Rhône a fait ce choix stratégique depuis plusieurs années et s’y est tenu : «en 2006  nous étions à 20% des volumes exportés, aujourd’hui nous en sommes à 31%. C’est un réponse à la crise subie au début des années 2000 »

Si l’Europe reste la première grande destination des vins rhodaniens, les actions se portent vers les marchés de forte consommation comme l’Amérique du Nord mais les cibles recherchées sont également les marchés asiatiques avec en premier lieu la Chine et les marchés émergents à hauts potentiels comme l’Inde et l’Amérique du Sud (Brésil). Il faut savoir qu’Inter Rhône consacre un budget de 16 millions d’euros pour la promotion de ses appellations et son effort de promotion porte pour les deux tiers sur les marchés internationaux.

Mais ce succès demande une cohérence d’action en amont. Les appellations vivent, ne sont pas figées et procèdent à l’amélioration de leur encépagement et de leurs pratiques culturales. Ainsi, il n’est donc pas étonnant de voir croître la production de vins au label bio.

Dans le même esprit d’écoute, le vignoble est attentif aux évolutions de consommation. Christian Paly souligne la capacité d’y répondre à tous les niveaux de la chaîne de production. Les vins rosés, la vente en CHR du vin au verre, les fontaines de vins pour les particuliers sont des exemples de cette démarche.

Sans oublier l’atout d’un vignoble vaste, riche de sites patrimoniaux et de paysages. Aussi l’œnéotourisme est une priorité affirmée ce que confirmera l’ouverture d’une Maison des vins à proximité immédiate du Palais des Papes dans les anciens locaux de  l’hôtel de la Monnaie à Avignon.

Confiant en l’avenir des vins de la vallée du Rhône, Christian Paly sait qu’il se doit de fuir l’immobilisme.

 

Yves Espaignet