Les vœux constructifs du BTP

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   Devant un parterre de 500 élus, directeurs d’administrations et acteurs économiques, parmi lesquels on pouvait remarquer la présence d’Henri Guaino, ex-Conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et député des Yvelines, Jean-Yves CHEMIN, Président de la Fédération du BTP de Vaucluse, a profité de la cérémonie des vœux pour souhaiter à ses adhérents « des chantiers à foison, des délais de paiement respectés, et des prix justes », concédant toutefois qu’il rêvait à haute voix.

Après avoir rendu un hommage à Jacques BRES, son prédécesseur, chaleureusement applaudi, il a dressé le bilan 2013 de sa fédération, rappelant que l’activité́ avait régressé́ aussi bien dans le bâtiment que dans les travaux publics. Commandes en baisse, prix trop bas, délais de paiements client trop longs, concurrence déloyale, avec les répercutions que l’on connait : 1 500 emplois perdus entre 2008 et 2013, de nombreux dépôts de bilans, des difficultés de trésorerie auxquelles les banques sont souvent insensibles.

Heureusement, a-t-il souligné, les perspectives semblent désormais plus prometteuses, grâce aux prévisions d’activités qui laissent entrevoir une meilleure année 2014 et surtout à la détermination et au lobbying efficace des patrons qui ont su se faire entendre du gouvernement.

Jean-Yves CHEMIN a ainsi attribué à sa fédération les avancées sur le taux de TVA à 5,5 % pour les travaux de construction et de réhabilitation des logements sociaux, de même que pour les travaux de rénovation énergétique, l’auto-liquidation de la TVA pour empêcher les sous-traitants indélicats de détourner la TVA à leur profit, l’éco-conditionnalité́ des aides aux travaux de rénovation énergétique RGE, martelant à chaque point : « c’est nous ! ». Il a salué le succès de la pétition « Stop à la concurrence déloyale » qui a rassemblé 100 000 signatures et a été entendue au niveau européen, puisqu’un accord a été signé en ce sens le 9 décembre dernier.

Face aux nombreux défis qui attendent néanmoins les acteurs du BTP, il a exhorté les parlementaires à soutenir le projet de loi protectionniste de lutte contre le dumping social et la concurrence déloyale, notamment par le refus de l’auto-entreprenariat dans les métiers du bâtiment et le renforcement des contrôles du travail dissimulé et de l’utilisation illégale de main d’œuvre étrangère. Doutant d’une réelle volonté gouvernementale de les soutenir, il a tout de même insisté sur l’aide à l’apprentissage y compris pour les entreprises de plus de 10 salariés et demandé que les innombrables normes soient simplifiées et les délais administratifs raccourcis. Quant au compte individuel de pénibilité, sa « complexité tétanisante » a été qualifiée d’ingérable et ruineuse pour les entreprises.

Revenant sur le terrain plus spécifiquement local, le Président de la Fédération BTP s’est adressé aux décideurs institutionnels, donneurs d’ordre des grands projets locaux, les rappelant à leur devoir qui ne consiste pas simplement à se faire élire, mais à engranger un climat favorable à la croissance. Il a évoqué plusieurs projets qui ont une fâcheuse propension à s’évaporer régulièrement, tels que la Léo, le tramway pour le grand Avignon, la déviation d’Orange…

Il a malgré tout voulu finir sur une note encourageante pour l’avenir de l’économie régionale en affirmant que les entrepreneurs du bâtiment ne baissaient pas les bras, qu’ils étaient déterminés à « mobiliser leur savoir-faire et leur énergie, prêts à embaucher, à insérer, à former ».

Des propos rassurants qui mériteraient d’être non seulement écoutés religieusement, approuvés momentanément, mais surtout d’être entendus.

La rédaction