Promesses, promesses, …

art61

   Une promesse, même si l’on sait ne pas devoir trop compter dessus, a au moins le mérite de nous tenir tranquilles quelques temps en attendant sa réalisation.

Il y a quelques jours, notre Président a donc une nouvelle fois tenté de calmer le jeu en annonçant la fin des hausses d’impôts. On se doute que, dans le langage « énarque » enseigné à nos dirigeants comme un instrument de pouvoir sur les citoyens, cela ne veuille pas dire la même chose qu’en français. Ainsi une taxe n’est peut-être pas un impôt, tout le monde n’est peut-être pas concerné (entreprises ?), l’année prochaine n’est peut-être pas la prochaine année, les augmentations d’impôts prévues dans le projet de budget ne sont peut-être pas des hausses, … Le ministre de l’Economie, on le caractérise de pragmatique, n’a d’ailleurs pas hésité, le lendemain de la prestation de son supérieur, à ajouter qu’il y avait dans divers textes de projets de loi de finance « des impôts nouveaux, des augmentations nouvelles ».

On se demande jusqu’où les politiques, entrainés dans une spirale qui les fait gérer l’Etat et les collectivités avec des moyens qu’ils n’ont pas, vont creuser le fossé qui les sépare du peuple.

Triste illustration : à l’instant où le président de la République annonçait la fin des hausses d’impôts, les députés votaient la pérennisation de la hausse des droits de mutation sur les transactions immobilières. Plafonné à 3,80 % jusqu’au 1er mars 2014, le droit départemental d’enregistrement pour l’achat d’un logement ancien pouvait, depuis, être relevé à 4,50 %. Une possibilité que les conseils généraux ont pratiquement tous saisie, bien entendu. Sachant que cette augmentation n’était possible que jusqu’au 29 février 2016, leurs homologues députés se sont donc empressés de la pérenniser, asphyxiant encore un peu plus le marché de l’immobilier.

Dans le débat actuel sur l’utilité des départements, ne vaut-il pas mieux parler d’intérêt ?

Daniel Ollier