Ras-le-bol contagieux

art87
   Il n’aura pas fallu longtemps pour que le virus de la contestation atteigne le secteur des Cafés-Hôtels-Restaurants-Discothèques. Les mots d’ordre des patrons, des agriculteurs, et des commerçants sont repris à la lettre : « STOP au matraquage fiscal, STOP aux mesures qui découragent et fragilisent nos entreprises ».

Le responsable, au delà de la crise qui s’éternise, est clairement désigné. Il s’agit du gouvernement, qui, avec son attitude avant tout idéologique, produit des mesures contre productives et génère une confusion dans laquelle les CHRD sont perdus.

L’UMIH, l’organisation professionnelle leader du secteur des Cafés-Hôtels-Restaurants-Discothèques, dresse un constat aussi dramatique de la situation des entreprises que celui de leurs homologues des autres secteurs économiques.

Selon son Président, Roland HEGUY : « …des milliers de TPE et PME mettent la clé sous la porte, dans le plus grand silence et dans l’indifférence générale. Des milliers d’hommes et de femmes se retrouvent sans travail, des milliers d’entreprises qui créent du lien social dans les zones rurales les plus reculées disparaissent. L’hémorragie continue et va s’amplifier au 1er janvier 2014. On va assister au plus grand plan social dans l’histoire de notre secteur d’activité. ». Il évalue l’augmentation de 1 point de TVA à la destruction de 10 000 emplois.

Cette prédiction se base des résultats peu encourageants :

– taux de défaillance de +7% sur les 9 premiers mois de 2013 par rapport à 2012

– chiffre d’affaires en constante diminution avec une baisse de 3,5%

Face à cette dégradation, une pléthore de réponses incohérentes :

– taux de prélèvement obligatoire de plus de 45% du PIB,

– alourdissement de la fiscalité,

– augmentation du taux de TVA,

– multiples taxes sur les boissons sucrées, sur la bière, projet de taxe sur les boissons

énergisantes,

– inflation de taxes locales, taxe foncière, taxe sur les terrasses, sur la publicité extérieure, augmentation de la taxe de séjour, etc.

– suppression de l’aide à l’apprentissage,

le tout aggravé par les difficultés d’accès aux crédits d’exploitation.

Cette situation est d’autant plus exaspérante que le secteur, qui représente 7% du PIB, est le premier créateur d’emplois, notamment auprès des jeunes. Un quart de salariés a de moins de 26 ans, un tiers moins de 30 ans. Dans 2 cas sur 3, il permet à des personnes non diplômées de trouver un travail, de prendre l’ascenseur social et de se réaliser.

Les CHRD sont plus que des acteurs majeurs du tourisme, ils font partie de la culture de notre pays et jouent un rôle déterminant dans le maillage territorial et social. Par leurs revendications, ils souhaitent montrer que leur mobilisation s’inscrit parfaitement dans le cadre de la défense d’une vision dynamique de l’économie. C’est pourquoi ils appellent à rejoindre les rangs des employeurs vauclusiens dans la manifestation du 2 décembre prochain à Avignon. Quant à nous, espérons qu’il ne nous faudra jamais faire 40 km pour boire un café.

 

La rédaction