Tribune libre : Moins de salariés, plus d’entrepreneurs

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   On peut douter de la qualité de l’enseignement de l’ENA, au moins celui sur le chamanisme, quand les chiffres viennent nous rappeler la dure réalité. Les incantations de l’Elysée n’ont malheureusement pas suffit à inverser la courbe du chômage en fin d’année 2013. Selon l’étude de Pôle Emploi, le nombre des ex-chômeurs désinscrits après avoir trouvé un emploi, moins de 200 000, n’a quasiment jamais été aussi bas depuis plus de 10 ans.

En pourcentage par rapport aux sorties enregistrées, il faut remonter à 2009 pour retrouver une situation si mauvaise. Seulement 43,3% des « sortants » ont retrouvé un travail, tous les autres sont, soit partis en formation, soit ont arrêté de chercher un emploi, soit ont été radiés pour n’avoir pas respecté la procédure.

Pour terminer la liste noire, le taux de reprise d’emploi parmi les personnes présentes à la fin du mois précédent a dégringolé en septembre à 3,8 %, un record.

Dans ce contexte plutôt morose, une lueur d’espoir fragile apparaît. Selon l’Acoss, la caisse nationale des URSSAF, le nombre d’auto-entrepreneurs immatriculés à la fin février 2014 est en hausse de 15% sur un an.

Espoir fragile parce que ce statut est dans le collimateur des artisans au point que leur ancienne ministre Sylvia Pinel, lui aurait bien fait un sort. Suite au mouvement des « Poussins », elle avait fait machine arrière. Le premier ministre Manuel Valls a finalement déclaré le 6 avril qu’il voulait préserver ce régime qui permet de développer une activité en créant une entreprise avec des démarches simplifiées et un régime fiscal avantageux.

Né il y a 5 ans, le statut d’auto-entrepreneurs semble en effet se stabiliser avec un rythme de cessations d’activité qui ralentit et un nombre d’immatriculations autour de 72 000 chaque trimestre. S’il n’est pas encore la panacée, puisque seuls 53% des auto-entrepreneurs inscrits ont déclaré un chiffre d’affaire positif au quatrième trimestre 2013, il permet à des salariés, des chômeurs, des retraités ou des étudiants de travailler, de disposer d’un revenu et surtout de pouvoir tester ou lancer une activité dans le but de la voir prospérer. Cela s’appelle l’esprit d’entreprise.

Dans sa situation, notre pays aurait mauvaise grâce à s’en passer.